Partager cette page :

Les Assises du muscle 2026

le 2 juin 2026

Le mardi 2 juin, le Ministère de la Santé a accueilli les 2e Assises du Muscle, un événement organisé par l’AFM-Téléthon et l’Institut de Myologie. Cette journée a rassemblé médecins, chercheurs, responsables politiques, acteurs de la santé, de l’entreprise, de l’éducation et du sport autour d’une question centrale : pourquoi et, surtout, comment agir aujourd’hui pour inscrire la bonne santé musculaire au cœur de nos politiques publiques ? À cette occasion, Boris Cheval, maitre de conférences au département Sciences du sport et éducation physique de l’ENS Rennes a participé à la première table ronde sur "Le muscle, d’avant la naissance à la fin de l’adolescence… un capital pour toute la vie".

/medias/photo/2026-06-02-assises-du-muscle_1781680999613-jpg

Un constat préoccupant : une jeunesse trop sédentaire

Les chiffres présentés sont sans appel : "Moins de 3 % des adolescents atteignent les recommandations en matière d’activité physique, de sommeil et de temps d’écran", souligne Boris Cheval. Cette situation s’explique notamment par des modes de vie de plus en plus sédentaires. À l’école en particulier, les enfants passent une grande partie de leur temps assis : "Du CP à la terminale, on peut estimer que les enfants sont assis plus d'une année entière, nuit incluse, pendant l'apprentissage scolaire."

Bouger : une nécessité biologique

Au-delà du simple mode de vie, l’activité physique répond à un besoin fondamental : "On est biologiquement nés pour être actifs physiquement." Le manque de mouvement engendre ainsi des impacts multiples et précoces "sur la santé physique, mentale et cognitive, mais aussi des effets sur les performances académiques." Plus inquiétant encore, certaines maladies autrefois réservées aux adultes apparaissent désormais chez les plus jeunes : "On se retrouve aujourd’hui avec des diabètes de type 2 chez des enfants entre 10 et 19 ans, et une augmentation de certaines pathologies cardiovasculaires."

Le muscle, un organe clé pour le cerveau

L’un des messages forts des Assises est de considérer le muscle comme un véritable organe, avec des effets bien au-delà de la motricité. L’activité physique agit directement sur le cerveau : "Elle favorise la neurogénèse, l’angiogénèse et la synaptogénèse", explique Boris Cheval, en référence à la création de neurones, de vaisseaux sanguins et de connexions neuronales. Résultat : "En faisant de l'activité physique, on va avoir un effet sur la structure et le fonctionnement cérébral, qui en retour va avoir un effet aussi sur les performances scolaires des enfants."

Repenser l’école : remettre le corps en mouvement

Alors que "notre environnement moderne actuel nous pousse vers la minimisation de l'effort et la sédentarité", l’école apparaît comme un levier majeur d’action. Pour Boris Cheval, il est essentiel de transformer les pratiques : "Il faut remettre le mouvement au cœur de l’école."

Parmi les solutions proposées : augmenter le nombre d’heures d’EPS, introduire des "leçons actives" intégrant le mouvement ou encore repenser les cours de récréation pour réduire les inégalités. "Séparer le corps et l’esprit est une erreur. L’apprentissage, c’est de la biologie."

Agir sur les environnements pour favoriser le mouvement

Au-delà de l’école, c’est l’ensemble de notre environnement qui doit évoluer. Nos sociétés modernes incitent à réduire l’effort, alors même que "notre cerveau est fait pour économiser de l’énergie." D’où la nécessité de créer des conditions favorables : "Il faut réintroduire de l’activité physique par défaut dans nos environnements." Cela passe par des aménagements concrets : mobilités actives, espaces adaptés, organisation du travail ou encore urbanisme.

Miser sur le plaisir pour engager durablement

Dernier levier essentiel : la motivation. Nos comportements physiques sont guidés par deux moteurs fondamentaux : nécessité et gratification. "Si l’activité physique n’apporte pas quelque chose de bénéfique à court terme, on ne pourra pas engager les gens sur le long terme," explique Boris Cheval. Le défi est donc clair : rendre l’activité physique accessible, mais aussi désirable.

Un enjeu collectif de santé publique

Ces Assises ont permis de rappeler un message central : la santé musculaire ne concerne pas seulement le sport ou la médecine. Elle est au croisement de multiples politiques publiques. "Le muscle doit être remis au centre, avec toutes ses fonctions physiques, mentales et cognitives." Un enjeu majeur pour prévenir les maladies, améliorer la qualité de vie et construire une société plus active.

Pour en savoir plus

Retrouvez l’intégralité de la table ronde :


Thématique(s)
Recherche - Valorisation

Mise à jour le 17 juin 2026